L'Ordre des avocats
L'histoire du barreau
La première notion de Barreau d'avocats remonte au Bas-Empire romain, époque où l'empereur Justin Ier décerna le nom « d'ordre des avocats » à un collège de praticiens, qui devaient justifier avoir étudié le droit pendant cinq ans, être de bonne moralité et prononcer un serment. Le nom de chacun des avocats reçus était porté sur un tableau avec l'indication du jour de leur réception, et leur nombre était limité pour chaque tribunal.
Le barreau, au sens moderne, résulte de l'ordonnance de Philippe de Valois en 1327, qui crée le tableau (ou matricule) des avocats. Ce tableau comporte trois groupes :
- les consilarii, qui conseillent ;
- les advocati, qui plaident ;
- les novi, qui écoutent et se forment.
Le barreau prend le nom d'Ordo, avec à sa tête le doyen, qui deviendra, au XVIIe siècle, le Bâtonnier.
L'avocat est chevalier ès-loi et, comme le chevalier militaire, il combat pour défendre les plus faibles. Il prête serment, au départ sur les évangiles, puis par un serment laïc. Il a droit au titre de Maître.
La Révolution supprimera les ordres d'avocats. Le Premier Consul instituera les avoués, officiers ministériels qui pouvaient postuler et plaider devant le tribunal où ils étaient inscrits.
En mars 1804, les avocats sont rétablis et plaident librement aux côtés des avoués. En 1810, les ordres d'avocats sont de nouveau autorisés. Les avocats reprennent l'ancien costume, composé de la robe cléricale à laquelle s'ajoute l'épitoge.
En 1822, une ordonnance royale supprime la possibilité pour les avoués de plaider et réserve la plaidoirie à l'avocat.
Tout au long du XIXe siècle, la profession d'avocat n'est pas considérée comme un métier mais comme une mission de service public. L'avocat plaide et l'honoraire résulte du « don spontané de la reconnaissance du client ».
Après la Première Guerre mondiale, la profession s'organise et se réglemente. Le Certificat d'Aptitude à la Profession d'Avocat est institué en 1941. La loi du 31 décembre 1971 réforme la profession en supprimant la fonction d'avoué, et celle du 31 décembre 1990 fusionne les professions de conseil juridique et d'avocat.
De la fin du XIXe siècle jusqu'au 24 juillet 1938, les avocats de l'Ain étaient réunis en quatre barreaux : Bourg, Belley, Nantua et Trévoux. En 1938, Bourg, Belley et Trévoux se réunissent. En 1972, le département comprend deux barreaux : Belley et Bourg-en-Bresse. Le 31 décembre 2010, la réforme de la carte judiciaire supprime le Tribunal de Belley : son barreau est intégré à celui de Bourg-en-Bresse, qui prend le nom de Barreau de l'Ain.